Une petite structure peut atteindre l’excellence | Anne-Catherine Galetic, CEO de Galika Human Estate
En 2018, à Cannes, lors de la cérémonie des MIPIM Awards, le rendez-vous annuel de quelque 24 000 professionnels de l’immobilier venus du monde entier, un projet bruxellois remporte le prix du meilleur développement résidentiel. Parmi 44 projets en compétition, sélectionnés par un jury de 12 experts internationaux. Ce projet, c’est l’Îlot Sacré. Et derrière l’Îlot Sacré, il y a Galika Human Estate : une petite structure belge, fondée dix ans plus tôt par Anne-Catherine Galetic, architecte et urbaniste, promotrice par conviction.
« C’est incroyable. Inespéré pour une petite société comme nous. »
Elle le dit elle-même, sans fausse modestie. Parce que le secteur immobilier, comme beaucoup d’autres, a tendance à confondre la taille d’une entreprise avec l’ambition de ses projets. Galika est la preuve du contraire : on peut atteindre l’excellence dans une (toute) petite équipe.
Ce qui fait la différence
Ce n’est pas le budget. Ce n’est pas la notoriété. C’est une philosophie : la qualité d’un projet ne se mesure pas à son prix au m², mais à sa qualité d’habiter au m². Chaque projet de Galika est pensé comme un acte d’urbanisme, intégré à son quartier, ouvert sur la nature, (éco-)conçu pour durer.
Pendant longtemps, la capacité à développer des projets d’envergure a été directement associée à la puissance financière et à la taille des équipes. Cette logique reste en partie vraie, notamment dans un contexte où l’accès au financement est devenu plus exigeant et où les risques sont de plus en plus encadrés. Mais elle tend à occulter une autre dimension, tout aussi déterminante: la capacité à porter une vision claire et à maintenir un niveau d’exigence élevé tout au long du développement d’un projet. C’est sur ce terrain que les structures à taille humaine peuvent faire la différence.
En fondant Galika Human Estate en 2008, Anne-Catherine Galetic fait le choix de construire une entreprise capable d’arbitrer autrement. Non pas en opposition aux contraintes du marché, mais avec une grille de lecture différente, où la valeur d’un projet ne se limite pas à sa rentabilité ou à sa taille, mais à son impact sur la ville. Anne-Catherine Galetic a fondé Galika en 2008, en partant de zéro. Pas de filet familial, pas de capital hérité. Juste une vision claire de ce que devrait être la promotion immobilière et la volonté de la mettre en œuvre selon ses propres valeurs, ce qu’elle a appelé le « Human Estate »
Une évolution plus large du secteur
Ce que montre le parcours d’Anne-Catherine Galetic dépasse le cadre individuel. Il s’inscrit dans une transformation plus large du secteur immobilier.
Aujourd’hui, la valeur d’un projet ne se mesure plus uniquement à son volume ou à son rendement. Elle est de plus en plus liée à sa capacité à s’intégrer dans son environnement, à répondre aux enjeux environnementaux et à créer des espaces durables.Dans ce contexte, la taille de l’entreprise devient un facteur parmi d’autres, mais elle ne constitue plus une limite en soi.
Des structures plus petites peuvent ainsi accéder à des projets ambitieux, à condition de compenser par une vision claire, une exécution rigoureuse et une capacité à défendre leurs choix.
Une autre manière de définir l’impact
L’expérience de Galika Human Estate rappelle finalement une idée essentielle: dans l’immobilier, l’impact ne dépend pas uniquement des ressources mobilisées, mais de la manière dont elles sont utilisées.
Une entreprise à taille humaine peut non seulement exister dans un environnement dominé par de grands acteurs, mais aussi y apporter une contribution significative. À condition de ne pas chercher à reproduire les modèles existants, et de s’appuyer sur ce qui fait sa spécificité.
🎥 L’interview complète d’Anne-Catherine Galetic est à découvrir dans notre série Inspiring Leaders, où elle revient sur les choix qui ont structuré son parcours et sur les réalités du développement immobilier aujourd’hui.